Le 8 juillet 2026, le Sénat a refusé la publication du rapport de la mission d’information sur la souffrance psychique au travail initiée en février 2026. La rapporteure Mme Annick Girardin, Sénatrice et ancienne Ministre de la Fonction publique notamment, confirmait le travail de fond essentiel réalisé durant près de 6 mois par des auditions publiques, alertant sur une « crise du travail et une crise sociale », alors que les censeurs dénoncent un rapport biaisé et trop idéologique dont les recommandations feraient porter un poids trop important sur les entreprises…sans évoquer le service public…
Christelle Mazza était entendue le 27 mai 2026 dans le cadre de cette audition qui a cumulé des centaines de milliers de vues sur les réseaux sociaux, démontrant que la santé au travail des agents publics est un sujet d’intérêt général et politique majeur.
Elle décrypte ce qui, selon elle, peut expliquer pour partie une telle invisibilisation.
La censure des données sociales sur l’état réel du monde du travail, alors que les conditions de travail tant public que privé génèrent des décompensations et suicides à des taux spectaculaires ne peut qu’interroger, dans un contexte de tension budgétaire extrême.
Mais bien au-delà de la psychologisation de la santé au travail, les agents publics en danger représentent les stigmates de faits d’une particulière gravité: le détournement de fonds publics. Car l’argent public supposé assurer des conditions dignes de travail aux fonctionnaires pour remplir leurs missions de service public est très clairement détourné.
L’Etat social est, quant à lui, en train de totalement disparaître. Il n’existe pas de données centralisées sur la souffrance au travail des agents publics ni des dégâts du démantèlement de l’Etat. Dans un silence assourdissant.
Derrière l’invisibilisation scandaleuse de ce travail d’intérêt général se cachent des volontés politiques de ne pas rendre publiques les données sociales du travail, dans un contexte de crise institutionnelle et économique jusqu’au plus haut sommet de l’Etat.
Il est par ailleurs surprenant qu’aucun média grand public ne s’intéresse à ces sujets, comme si la santé au travail était le maillon faible d’une société que l’on veut transhumaine et ultra performante. Alors que les médias, publics et privés, souffrent eux-mêmes de conditions de travail dégradées. Et pourtant, partout, le système craque. Comme si la société refusait de se voir dans le miroir qu’on lui tend. Jusqu’aux morts de trop?
Le travail politique ne doit pas être entravé, cette initiative doit continuer. Il est possible de visionner tout le travail accompli sur le site du Sénat, d’interpeller vos députés et sénateurs pour faire ouvrir une enquête parlementaire sur la santé au travail, comme le rapport le suggère en recommandation n°37 pour le service public – et il y a urgence. Il est aussi possible d’ouvrir une pétition sur le site officiel du Sénat: au bout de 100.000 signatures, la Conférence des Présidents pourra se réunir pour y donner suite (création d’une mission de contrôle, inscription à l’ordre du jour, d’un texte législatif, débat en séance publique…)
Citoyennes, citoyens, politiques et médias: agissons pour faire de la santé au travail et de la gestion des finances publiques une priorité nationale! Les nombreux scandales de détournements de fonds par certains politiques, tous bords confondus, et la souffrance au travail en lien avec ces comportements sont cartographiés et à la source de notre effondrement démocratique.
Il ne s’agit pas seulement de s’indigner mais d’AGIR!
Voir le communiqué sur Public Sénat
Audition de Christelle Mazza du 27 mai 2026
Pour voir toutes les auditions de la mission d’information
Les 39 recommandations du rapport ont été publiées dans le média Santé et Travail
Pour signer une pétition et obtenir une enquête parlementaire sur la santé au travail dans le service public et sa publication (recommandation n°37) :
