C’est avec beaucoup d’émotion que Christelle Mazza a tenté de porter la voix des agents publics auprès de la mission d’information du Sénat sur la souffrance au travail, sous la présidence de Mme Monique Lubin et au rapport de l’ancienne ministre de la fonction publique Mme Annick Girardin, le 27 mai 2026.
Elle a évoqué les spécificités de la souffrance au travail dans le service public, le lien entre l’effondrement démocratique et la maltraitance des agents mais surtout les impulsions politiques actuelles ayant pour objectif de restreindre drastiquement l’Etat social, notamment par le rejet quasi systématique, désormais, de la reconnaissance des accidents et maladies professionnels.
Les priorités politiques entraînent des bouleversements de l’Etat, un démantèlement à marche forcée et une suppression progressive de l’Etat social, dans une politique darwinienne renforcée.
Rappelant la jolie fable du savetier et du financier, elle a alerté sur le nombre très alarmant de suicides, le déni institutionnel et le durcissement de la position du Conseil d’Etat qui, fort de son héritage, restreint le champ des droits fondamentaux et ouvre une brèche dans l’application des normes supranationales dont celles de la convention européenne des droits de l’Homme.
Un signal très inquiétant qui doit profondément alerter.
Chaque fonctionnaire porte en lui/elle l’intérêt général. Ils/elles sont la clef de voûte de notre système démocratique et de l’Etat de droit.
Les organisations syndicales et chaque fonctionnaire, quel que soit le grade, ont un rôle crucial à jouer au-delà des micro résistances, créons un rassemblement des forces et une vision commune de respect de l’intégrité de la personne face aux grandes mutations de l’Etat.
Il faut un réveil collectif urgent, y compris citoyen.
Aucune administration ne fonctionne dans la légalité, que ce soit en termes de moyens matériels ou humains.
Il ne s’agit nullement, comme le commande la propagande politique, d’opposer le public et le privé: les agents publics ne sont pas responsables de la dette. Peut-être faudrait-il centrer le regard sur leur « patron », l’exécutif, central et local. Une entreprise qui s’effondre, est-ce la faute de ses salariés, alors qu’ils sont soumis à un devoir d’obéissance et à une sujétion d’Etat (art. 20 de la constitution) ou plutôt celle des errances de son institution ? Qu’en est-il du silence des collectifs?
Voici une mission d’information essentielle à suivre, en intégralité, un courage politique, qui permet d’éclairer ce qui est à l’œuvre dans le monde du travail.
La souffrance au travail n’est pas la chose des faibles ou des fragiles: elle est le symptôme d’une maladie sociétale et structurelle profonde.
S’indigner c’est bien mais la résistance ce sont des actes. Il faut déjà sortir les agents de l’invisibilisation.
« Il faut protéger le service public contre l’Etat »
L’intégralité des travaux de la mission est à retrouver ici
